Vivons en forme : une prévention efficace de l'obésité auprès des enfants à Saint-André | Hubsante – Promotion de la santé en Nord Pas de Calais

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L’Association VIF Vivons en forme a choisi la ville de Saint-André, près de Lille, pour présenter fin novembre 2015 les résultats des programmes de prévention mené en faveur de l’alimentation et l’activité physique des enfants dans plusieurs villes adhérentes… et notamment ceux de la commune où elle est implantée. À Saint-André, donc, le surpoids et l’obésité ont baissé de 40,5% pour les élèves de CE et CM1 entre 2008 et 2015 : leur prévalence est passée de 18 à 10,77%. Des résultats qui figurent parmi les meilleurs de ceux des villes engagées dans ce programme et qui s’expliquent, selon Agnès Lommez, coordinatrice du programme VIF, par l’investissement important des communes engagées. Celle de Saint-André s’est lancée en 2008. « Nous avions découvert que 25% des enfants, parfois plus selon les milieux, se nourrissaient mal à très mal », se souvient le maire, Olivier Henno.

Egalité des chances

La ville a adhéré au programme parce que « c’est une question de santé mais aussi d’égalité des chances », explique-t-il. Dorothée Germain, qui pilote le projet au niveau municipal. Il se décline pour tous les enfants des écoles, dès la petite section de maternelle. A cet âge, il consiste notamment à faire découvrir régulièrement aux petits élèves (500 ont été touchés) un fruit et un légume de saison pour « re-réveiller les goûts ». Tous sont sensibilisés aux enjeux du petit déjeuner et du goûter Des actions répétées sont aussi menées sur le sommeil car il est apparu que nombre d’élèves dormaient mal. Le projet « Ré-enchanter la cantine » fait l’objet d’une forte mobilisation appuyée sur la commensalité, le fait de partager un repas de manière agréable. Il s’appuie d’une part sur la cuisine municipale centrale, qui dispose d’une légumerie et peut ainsi servir des produits frais : « Si on sait qui cuisine, un lien se crée, souligne la chargée de projet, les enfants ont plus envie de goûter. » Les animateurs de la pause du midi sont également invités à partager le déjeuner des élèves. « Les enfants mangent mieux », constate Dorothée Germain. Des relevés poids-taille ont aussi été effectués par les médecins et infirmières scolaires et un diagnostic « forme »  a été utilisé dans le cadre scolaire.

Messages répétés

Le programme s’est aussi traduit par des aménagements favorables à l’activité physique, dans les cours de récréation ou sur tout un parcours de santé, et destinés à soutenir le volet « alimentation » du projet : deux cuisines ont été aménagées pour pouvoir accueillir des ateliers culinaires pour enfants et un potager pédagogique. De nombreuses personnes ont été formées au et par le programme VIF (personnels de la restauration scolaire, de la petite enfance, du CCAS, des Restos du cœur, de la Banque alimentaire et des activités périscolaires) sur les bons comportements alimentaires, par exemple. Et d’autres acteurs locaux ont été associés comme les associations sportives, des associations « santé », etc. Avec pour résultat, une multitude d’occasions lors desquelles les messages en faveur d’une meilleure alimentation et de l’activité physique, exprimés de manière variées et à partir de vecteurs différents, sont répétés. Au point que les enfants deviennent des sortes de « médiateurs » auprès de leurs frères et sœurs et de leurs parents. « Au fil de toutes ces actions, nous nous sommes aperçus que les parents ont envie d’avoir des informations sur les activités qui sont menées », souligne Dorothée Germain, et des livrets thématiques (disponibles sur le site de la ville) leur sont distribués. Ils sont également associés à certaines actions comme lors du rallye inter-écoles qui permet aux élèves de CM2 de rencontrer ceux de sixième.

Enfants “médiateurs”

Outre l’adhésion au programme (3000€), que Saint-André renouvelle, « l’investissement que représente ce projet reste somme toute, à l’échelle d’une ville comme la nôtre, modeste, au regard des résultats », estime Olivier Henno. La ville prépare d’ailleurs pour 2016 une extension du projet Vif aux seniors de la commune (avec des ateliers cuisine et sur l’estime de soi) ainsi qu’un programme intergénérationnel baptisé « Générations passerelles » qui vise à modifier les comportements alimentaires et l’activité physique des jeunes en insertion et des plus âgés.

Géraldine Langlois

La Métropole européenne de Lille s’engage

Vincent Ledoux, maire de Roncq (ville adhérente VIF) et vice-président de la Métropole européenne de Lille (MEL), a annoncé lors de la présentation des résultats du programme VIF Vivons en forme que la MEL va le soutenir au niveau métropolitain en l’inscrivant dans sa politique de « contrat de ville ».

Les représentants de l’association VIF Vivons en forme ont présenté les résultats du programme mené dans plusieurs villes.

Le surpoids et l’obésité ont diminué de

  • 21% à Vitré en trois ans (2005-2008) chez les enfants de grande section de maternelle au CM2
  • 10% à Royan en dix ans (2005-2015) chez les enfants de grande section de maternelle au CM2
  • 48% à Meyzieu en dix ans (2005-2015) chez les enfants de grande section de maternelle
  • 13,5% à Douchy-les-Mines en six ans (2008-2014) chez les enfants du CP au CM2
  • 3,7% à Saint-Quentin en huit ans (2007-2015) chez les enfants de grande section de maternelle au CM2 (6,6% chez ceux habitant en zone d’éducation prioritaire)