Une heure d’activité physique par jour améliore la concentration des adolescents | Hubsante – Promotion de la santé en Nord Pas de Calais

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Les adolescents qui ont une activité physique spontanée d’une heure par jour parviennent mieux à se concentrer sur une tâche intellectuelle que les autres. C’est le principal résultat d’une vaste étude européenne dirigée par une équipe de chercheurs lillois et dont les résultats viennent d’être publiés.

Des chercheurs du CHRU de Lille viennent de démontrer que les adolescents qui ont une activité physique modérée à vigoureuse de 60 minutes par jour ou plus ont une capacité d’attention et de concentration supérieure à ceux qui sont moins physiquement actifs. L’équipe dirigée par le Pr Frédéric Gottrand (unité INSERM 995), à l’hôpital Jeanne de Flandres, participe depuis 2005 à une étude épidémiologique européenne, Helena (Healthy lifestyle in Europe by nutrition in adolescence), qui l’a amenée à faire passer à plus de 300 adolescents de 12 à 17 ans, en 2006-2007, une batterie de tests cliniques et sur leur activité physique et leurs habitudes nutritionnelles. Plus de 150 articles scientifiques issus des travaux concertés des dix équipes européennes participant au projet ont été publiés dans le cadre de cette étude. Dont celui de l’équipe lilloise qui paraît dans la livraison de janvier 2016 de la revue internationale The Journal of Pediatrics.

Test D2

Elle a en effet étudié spécifiquement le lien entre les résultats des tests d’activité physique, passés par les adolescents au sein des dix équipes européennes, et ceux d’un test d’attention passés par certains d’entre eux, explique Jérémy Vanhelst, ingénieur d’étude au sein de l’équipe lilloise. Leur activité physique a été mesurée par un petit accéléromètre qu’ils ont porté pendant sept jours. Quant à leur attention, elle a été mesurée lors d’un test « D2 » : il consiste à détecter sur une feuille couverte de lettres « d » et « p » et d’éléments perturbateurs le plus de lettres « d » entourées de deux traits (D2), en un temps limité. 

« Comme toujours dans l’étude Helena, explique l’ingénieur de recherche, nous avons exploité nos données en local et invité ensuite les collaborateurs européens à contribuer à l’analyse des résultats et à la publication de l’article. » Les neuf autres villes ont répondu présent. L’étude porte donc au total sur 273 adolescents (dont une cinquantaine de Français). « Un très bel échantillon », commente Jérémy Vanhelst.

“Relation positive et significative”

« L’étude montre qu’il existe bien une relation positive et significative entre le temps passé en activité physique modérée à vigoureuse (MVPA en anglais, NDLR) et la capacité d’attention et de concentration des adolescents », résume-t-il. Il ne s’agit pas de sport, insiste l’ingénieur, mais de l’activité physique spontanée générée par les activités de la vie quotidienne, notamment les déplacements (à pied, à vélo, escaliers plutôt qu’ascenseur) ou les activités domestiques (mange, jardinage…). Additionnées, toutes ces activités physiques, même d’intensité modérée ou de durée individuelle faible, améliorent donc la capacité d’attention et de concentration des adolescents par rapport à ceux qui sont plus sédentaires.

Plus la durée de cette MVPA est élevée, plus le score au test D2 s’accroît, de manière linéaire. Mais c’est vraiment à partir de 60 minutes de MVPA par jour que la capacité de’attention et la concenrtration « décollent » vraiment, explique Jérémy Vanhelst. Un seuil qui correspond aussi aux recommandations internationales pour la prévention de l’obésité, des maladies cardiovasculaires, etc. L’étude renforce ainsi les arguments pour promouvoir et favoriser le développement de l’activité physique dans les établissements scolaires, notamment pendant les récréations ou pendant les activités périscolaires…

10 ans après

En ce début 2016, l’équipe de chercheurs lillois a débuté une étude supplémentaire qui prolonge ces travaux menés depuis 2005 mais indépendamment du programme Helena cette fois. Baptisée Belinda, cette recherche est financée par le Conseil régional et elle associe une équipe de l’université de Gand (qui a participé aussi à Helena). Elle consiste à rencontrer à nouveau les adolescents testés en 2006-2007, majeurs à présent. « Nous effectuerons avec eux les mêmes tests que pour Helena, indique l’ingénieur de recherche, pour évaluer leur condition physique, leur activité physique, leur attention ainsi que de nouveaux tests » afin d’étudier l’évolution de ces différents paramètres. En matière de relation entre capacité d’attention et de condition physique, une autre étude est également en cours avec une équipe espagnole.  

Géraldine Langlois