Prévention du diabète : séparons sucre et sel ! | Hubsante – Promotion de la santé en Nord Pas de Calais

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« Le bypass traite l’obésité, on le sait, mais chez les patients diabétiques, il traite aussi le diabète de manière spectaculaire », explique le Pr François Pattou, chef du service de chirurgie digestive et endocrinienne au CHRU de Lille et chercheur (Lille 2 –INSERM), qui a piloté l’étude publiée jeudi 25 février dans la revue Cell Metabolism. Et jusqu’à présent, personne ne pouvait dire pourquoi. L’équipe lilloise a observé les différentes étapes de la digestion chez les cochons nains, dont le métabolisme est très proche de celui de l’homme, et sur lesquels un bypass avait été pratiqué. Elle a constaté qu’ils absorbent moins le sucre que ceux qui n’ont pas subi de modification de leur circuit digestif (leur glycémie après le repas est plus basse).

Le sel de la bile…

Ce qui change notamment par rapport à une digestion « normale », c’est que les nutriments, dérivés depuis le haut de l’estomac, évitent l’anse biliaire et entrent peu en contact avec la bile. « Et dans la bile, c’est la teneur en sodium (sel, NDLR) qui favorise l’absorption du sucre absorbé », explique François Pattou. Les chercheurs ont en effet ajouté du sel au repas ingéré et observé que le niveau d’absorption du sucre est remonté. Ils ont aussi constaté que le rôle de la bile dans l’absorption du sucre par l’organisme était inhibé par la phlorizine, une molécule simple issue de l’écorce du pommier.

Outre les implications chirurgicales de cette étude en matière d’indications et de modalités de réalisation du bypass sur les personnes diabétiques, des perspectives se dessinent sur le plan pharmacologiques (recherche sur des inhibiteurs de l’absorption du glucose) et en matière dététique. Une étude israélienne parue en 2015 dans la revue Cell http://www.cell.com/cell/abstract/S0092-8674%2815%2901481-6?_returnURL=http%3A%2F%2Flinkinghub.elsevier.com%2Fretrieve%2Fpii%2FS0092867415014816%3Fshowall%3Dtrue a montré sans l’expliquer que sur 100 facteurs qui influencent la glycémie post-prandiale, souligne François Pattou, la teneur du repas en sel arrive quatrième (après sa teneur en glucose, le niveau de glycémie avant le repas et le fait que le repas soit le diner ou le déjeuner). Les conclusions de l’étude lilloise éclaire, quelques mois après, ces travaux.

… ou le sel de l’alimentation

En préconisant de ne pas associer les aliments sucrés et salés au cours du repas, elles offrent aussi une piste nouvelle et prometteuse, d’une part pour réduire l’augmentation de la glycémie post-prandiale chez les personnes diabétiques et d’autre part pour prévenir, dans la population générale, l’apparition du diabète.

Géraldine Langlois

*LUnité mixte de recherche 1190 « Recherche translationnelle sur le diabète » (Université de Lille, Inserm, CHRU de Lille)