Les difficultés des étudiants se comptent sur les doigts d’une main | Hubsante – Promotion de la santé en Hauts-de-France

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Dans le Nord Pas-de-Calais, les étudiants comme l’ensemble de la tranche d’âge à laquelle ils appartiennent vont plutôt bien. Les difficultés qu’ils sont amenés à rencontrer  sont toutefois de cinq ordres : difficultés d’accès aux soins, difficultés économiques, difficultés psychologiques, difficultés liées à la possession d’un handicap ou à la prise de risques. Pierre Michel Barry,  médecin et directeur du service universitaire de médecine préventive de l’université du Littoral Côte d’Opale précise ce que recouvre chacune d’elles.

Certaines situations ayant des répercussions sur la santé sont particulières aux étudiants, et forment de fait des priorités.

Les difficultés d’accès aux soins [1]concernent les étudiants issus d’une autre région ou d’un autre pays, ou bien les étudiants ne disposant pas de ressources financières pour payer le reste à charge (entre 10 et 15% des étudiants du littoral).

L’accès aux soins peut-être solutionné de différentes façons : l’accès à une mutuelle complémentaire, le conventionnement pour la mise en place d’un tiers payant intégral ou encore la mise  en place de centres de santé sur les campus comme c’est le cas à l’université catholique de Lille ou dans le service inter-universitaire de médecine préventive et de promotion de la santé de Lille 1, 2 et 3.

Les  difficultés économiques concernent les étudiants qui ont quitté le domicile familial ou qui sont issus d’une autre région ou d’un autre pays (près d’un étudiant sur cinq).

Cette précarité a des conséquences pour la santé et pour les études (fatigue, faiblesse, vulnérabilité, échec).  C’est le portrait type des étudiants « cas index » de tuberculose constatés sur l’université du Littoral Côte d’Opale ces deux dernières années.

L’accès sur le territoire à des emplois étudiants  (compatibles avec les études) et à des dispositifs de solidarités (comme l’épicerie solidaire de Boulogne-sur-Mer) sont des pistes pour améliorer ces situations, à côté des politiques publiques déjà mises en œuvre (logement étudiant, systèmes de bourses et d’aides, emplois étudiants…).

Les difficultés psychologiques concernent de nombreux étudiants, inquiets pour l’avenir, conscients de la charge financière qu’ils représentent pour leur famille, ayant peur de l’échec, doutant de leur orientation. La disponibilité de psychologues au sein des universités (Le Bapu existe, mais à Lille…) et des actions de gestion du stress, encore peu mises en œuvre au sein des université, devraient être soutenues[2].

L’étudiant en situation de handicap : La loi de 2005 sur la compensation du handicap impose aux universités de mettre en œuvre les moyens nécessaires à la compensation pour l’accès à la connaissance et le contrôle des connaissances.

Conséquences budgétaires (secrétaires d’examen, prêt de matériel, accessibilité), organisationnelles (tiers temps pour le contrôle continu), culturelles (résistances à certains handicaps, jusqu’où aller dans compensation  avec la perspective professionnelle) forment un cadre original pour une réflexion sur une société inclusive dans laquelle les universités pourraient jouer un rôle exemplaire.

Enfin, l’étudiant fêtard, buveur de bières, fumeur de joints, mangeant un kebab-frites mayo penché sur l’écran de son smartphone dans la rue de la soif locale, bien que très visible, ne représente pas la majorité des étudiants.

Il a de nombreux autres visages : celui qui travaille et réussit, qui fait du sport, qui s’investit dans la vie citoyenne, qui se passionne pour le développement durable, celui pour qui tout va bien.

Mais tous aiment beaucoup s’amuser … Qu’ils le fassent ! Mais sans risques.

La prévention des risques dans les évènements festifs étudiants doit être une priorité pour tous les acteurs, dans et en dehors des universités.

A ce titre, l’efficience des actions de prévention reposant sur des étudiants relais (formés) est démontrée. Leur présence dans les universités doit être largement soutenue.[1] de premiers recours (médecine générale-vaccination), et à des soins spécialisés (dentaires, ophtalmo, gynéco le plus souvent)

[2] Une prévention complète reposerait sur des mesures plus difficiles à mettre en œuvre car concernant l’organisation et la pédagogie au sein des universités (campus plus accueillant, planning quotidien allégé,  respectant les activités sportives et culturelles, planning coordonné permettant un étalement d‘accès au RU, locaux pour manger les lunchbox…).