Les idées reçues sur l’état de santé des étudiants | Hubsante – Promotion de la santé en Hauts-de-France

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L’enquête « Santé et conditions de vie des étudiants » de la Mutuelle des étudiants dresse un panorama de l’état de santé et de la situation économique et sociale des étudiants en France à travers huit thématiques : conditions de vie, état de santé et recours aux soins, santé psychique, consommations de tabac, d’alcool, de cannabis et autres produits, vie affective et sexuelle, habitudes alimentaires, rythmes de vie et loisirs.

Les résultats font la chasse aux idées reçues sur la situation sociale et sanitaire des étudiants.

Conditions de vie des étudiants.

« Le système d’aide sociale permet à tous les étudiants d’être autonomes »

FAUX – La famille reste la première ressource pour 73 % des étudiants. Les familles prennent également en charge les frais obligatoires : 64 % règlent les frais d’inscription des étudiants et 50 % payent le loyer des étudiants qui ne vivent plus chez leurs parents.

Enfin,  plus de la moitié des étudiants vivent avec moins de 400 € par mois, c’est-à-dire sous le seuil de pauvreté qui s’établit à 954 € par mois.

Ces résultats démontrent ainsi la précarisation croissante du milieu étudiant coincé entre dépendance vis-à-vis du salariat et dépendance familiale.

État de santé et recours aux soins.

« Les étudiants, globalement en bonne santé, n’ont pas de difficultés pour accéder aux soins »

FAUX – Si 82 % des étudiants s’estiment en bonne santé, 20 % d’entre eux jugent que leur état de santé s’est dégradé par rapport à l’année précédente. De même, 34 % des étudiants ont renoncé à consulter un médecin au cours des 12 derniers mois. Pour un tiers d’entre eux, ce renoncement est lié à des raisons financières.

Dans le même temps, 19 % des étudiants ne sont pas couverts par une complémentaire santé, au regard des 6 % de Français qui ne sont pas protégés(2). Or, la complémentaire santé facilite l’accès aux soins, notamment pour consulter un dentiste, un ophtalmologue, un gynécologue ou des spécialistes.

Le bien être des étudiants.

« Les étudiants croquent la vie à pleines dents »

FAUX – Au cours des 12 derniers mois, 38 % des étudiants ont éprouvé un sentiment de tristesse et de déprime. 20 % des étudiants sont concernés par un symptôme de trouble dépressif et 12 % ont déjà eu des pensées suicidaires.

Ces difficultés psychiques ont un retentissement sur l’état de santé général. Ainsi, les étudiants qui présentent un symptôme dépressif se déclarent en moins bonne santé que les autres, et sans surprise, ont une image plus négative de leur corps.

L’enquête fait également le constat inquiétant d’une consommation de médicaments psychotropes, anxiolytique, somnifère, antidépresseur, non négligeable. Ainsi, 12 % des étudiants y ont eu recours pendant l’année écoulée.

Il n’est alors pas étonnant que la peur de l’avenir soit présente. Ainsi, 63 % des étudiants déclarent que la société actuelle ne permet pas aux jeunes de réussir dans la vie, et 72 % considèrent que la société n’est pas favorable à leur génération.

Loin de l’image de l’insouciance et de la légèreté accolée à la période des études, les résultats de cette enquête nous éclairent sur les difficultés psychiques des étudiants et leurs préoccupations quant aux perspectives d’avenir qui leur sont données.

La consommation d’alcool chez les étudiants.

« Les jeunes ne savent pas boire et ils sont systématiquement ivres »

FAUX – 80 % des consommations d’alcool par les étudiants sont occasionnelles, une fois par semaine ou moins au cours de l’année écoulée, à l’image de l’ensemble de la population générale. Par ailleurs, ces consommations sont principalement festives. Seuls 13 % des étudiants déclarent avoir consommé pour rechercher l’ivresse.

53 % des étudiants n’ont pas été ivres au cours des 12 derniers mois.

On voit donc, qu’à rebours d’une image réductrice de la « défonce pour la défonce », les consommations des étudiants sont occasionnelles et festives. Il ne s’agit que d’un fait social parmi d’autres dans la vie des jeunes.

La vie affective et sexuelle des étudiants.

« Les jeunes savent tout sur la sexualité »

FAUX – 41 % des étudiants se disent mal informés sur les infections sexuellement transmissibles (IST) autres que le SIDA. Par ailleurs, si 82 % d’entre eux se disent bien informés sur le SIDA, un certain nombre d’idées fausses demeurent : transmission par les piqures d’insecte, les baisers…

De même, le dépistage n’est toujours pas intégré dans la panoplie des moyens de lutte contre le SIDA. Ainsi, seuls 22 % des étudiants ont fait un test de dépistage au cours des 12 derniers mois (16 % pour les autres IST).

En matière de contraception, des progrès sont également à faire pour diffuser l’information sur les différents moyens disponibles. Aujourd’hui, la pilule est majoritairement utilisée par les étudiantes (76 %) qui semblent méconnaitre les autres méthodes. Pourtant, les connaitre leur permettrait de choisir celle la plus adaptée à leur situation.

Les habitudes alimentaires des étudiants.

« Les étudiants mangent tout le temps au fast-food »

FAUX – 63 % des étudiants disent avoir une alimentation équilibrée. 52 % d’entre eux déclarent également manger au restaurant universitaire plusieurs fois par semaine, ce qui leur garantit un repas complet (entrée, plat et dessert) et équilibré pour une somme modérée.

Parmi les étudiants qui disent ne pas avoir une alimentation équilibrée, seuls 26 % le font par goût pour les aliments gras et sucrés.

Ces chiffres démontrent bien que les étudiants ont une alimentation relativement équilibrée. Quand ce n’est pas le cas, cela ne relève pas d’un choix mais d’une contrainte. 44 % disent ne pas avoir le temps de manger équilibré, 22 % ont des difficultés à trouver des repas équilibrés sur leur lieu d’étude et 20 % n’ont pas les moyens financiers de manger équilibré.

L’enquête montre également que le fait d’avoir une nourriture équilibrée est grandement lié à la situation économique et sociale de l’étudiant. En effet, 16 % des enfants d’ouvriers déclarent avoir une alimentation déséquilibrée alors qu’ils ne représentent que 13 % de la population générale.

Le temps et les loisirs des étudiants.

« Les étudiants prennent le temps de vivre »

FAUX – 46 % des étudiants jugent leur temps de sommeil insuffisant. C’est rarement un choix mais c’est à mettre en relation avec les « temps subis » notamment le salariat, les temps de transport…

35 % des étudiants mettent en effet plus de 30 minutes pour se rendre sur leur lieu principal d’études dont 10 % plus d’une heure ! Ces temps de trajet ont un effet direct sur la réduction du temps de sommeil des étudiants : 33 % de ceux ayant une heure de trajet et plus dorment moins de sept heures par nuit contre 22 % lorsqu’ils ont de 10 à 29 minutes de trajet.

Les « temps subis » importants empiètent sur les « temps choisis » : 42 % des étudiants ne pratiquent aucune activité sportive contre 11 % pour la population générale. De même, 14 % d’entre eux ne sont pas allés en soirée chez des amis le mois précédent l’enquête.

Les activités culturelles sont elles aussi peu fréquentes : 20 % d’entre eux n’ont pas été au cinéma, 61 % n’ont pas visité un musée ou vu une exposition et seulement 25 % ont été au théâtre.

Pour en savoir plus

« Santé et conditions de vie des étudiants » Enquête nationale et synthèses régionales-  écrit par la LMDE et coédité par la Mutualité Française et Rue des écoles  (2012)